Bienvenue

La construction du politique

Réunis au sein d’un premier numéro véritablement thématique, tous les articles présentés en ce mois de mai observent avec suspicion le champ politique. « Constructions politiques »est le titre sous lequel viennent s’agencer quatre contributions très différentes mais mettant chacune à jour la double dimension nécessaire et contingente de tout acte politique. En soulignant ainsi unanimement l’artefactualité mais aussi la force d’événements paraissant s’imposer d’eux-mêmes, les jeunes chercheurs montrent leur volonté commune de dépasser les cadres de compréhension les plus directs de la réalité politique. Par des chemins pourtant fort variés, ils préfigurent tous – nous l’espérons – une nouvelle ouverture des analyses politiques autant que de nouvelles possibilités d’action. Le comité de rédaction d’Emulations vous souhaite une excellente lecture !

 la-construction-verbale-du-politique-etudes-de-politologie-lexicale-tea-9782296452688_0                                                                           

Vous êtes étudiant ou doctorant et vous voulez publier vos travaux :

Publier dans Emulations

Pour être averti de la sortie de chaque nouveau numéro envoyez-nous un e-mail à l’adresse suivante :

Paradoxes dans l’aide humanitaire

Vingt-quatre ans après la mort du philosophe Michel Foucault, il semblerait bien que son œuvre soit sinon délaissée, du moins déformée ou comprise de

manière superficielle. Ce constat sévère reflète-t-il vraiment la réalité ? Cette question donne le point de départ d’un entretien queThomas Lemke, foucaldien de renom, a accordé à Stéphane Baele. Pour le sociologue allemand, rien n’est finalement moins vrai que ce procès de désuétude, tant Foucault est aujourd’hui cité, ses textes étudiés, et sa pensée fertilisée à la croisée des différents savoirs sur la société. Mais sans doute s’agit-il surtout aujourd’hui de saisir la pertinence du Foucault « politique », autour de ses concepts de « biopolitique » et de« gouvernementalité ». Ces derniers permettent peut-être la plus pertinente des lectures des changements politiques majeurs qui nous entourent et nous façonnent actuellement, comme la biométrie ou les tests génétiques.

La vidéosurveillance ou vidéo-protection est un système de caméras et de transmission d’images, disposé dans un espace public ou privé pour le surveiller à distance ; il s’agit donc d’un type de télésurveillance. Les images obtenues avec ce système, peuvent être traitées automatiquement et/ou visionnées puis archivées ou détruites. La surveillance a pour but de contrôler les conditions de respect de la sécurité, de la sûreté ou de l’exécution d’une procédure particulière.

L’espace méditerranéen : un espace vraiment cohérent ?

En 1995, les états de l’Union Européenne signaient avec la majorité de leurs voisins proches du sud la « Déclaration de Barcelone » ; ce document

généreux a donné naissance à un partenariat qui semble à présent à bout de souffle, phagocyté par la Politique de Voisinage. Dès le départ, ce partenariat de grande ambition s’est vu légitimé par l’idée qu’il était, en un sens, naturel : l’espace méditerranéen y a toujours été décrit comme un ensemble cohérent qu’il s’agit de prendre en compte. Pourtant, un observateur ne fut-ce qu’un peu attentif peut démontrer que l’ « Euroméditerranée » est tout sauf cohérente : traversée par des fractures de toutes sortes, minée par des incompréhensions et déstabilisée par des enjeux antagonistes, il s’agit plutôt d’un espace de contradictions. Alors pourquoi les documents officiels de l’UE n’ont-ils eu de cesse de mettre en avant sa cohérence ? C’est à cette question que répondent Xavier de Mûelenaere et Mathieu Roger, en proposant une réponse stratégique.

Téléchargez l’article

Steve Ringel, déjà auteur d’une contribution sur le concept de « forme-camp », propose cette fois encore un étonnant article-récit laissant transparaître son expérience sur le terrain humanitaire.

Prenant dès le départ à contre-pied le point de vue naïf mettant l’aide humanitaire internationale sur le piédestal de la cohérence et de la pureté d’intention, il en souligne au contraire la dimension paradoxale et parfois conflictuelle. A partir de quelques expériences vécues, telle une aberrante distribution de serviettes hygiéniques au Tchad, il met en exergue les contradictions et les incompréhensions qui structurent l’aide internationale : quand un don devient un dû, quand on est à la fois chercheur et acteur de terrain, quand on doit implémenter des politiques absurdes, etc. Un texte qui démythifie l’action humanitaire sans pour autant prendre le parti facile de la rancœur ou de la consternation.

Téléchargez l’article

Emulations est soutenue par l’AGL (Association Générale des Etudiants de Louvain)

Une version papier du volume 1 de la revue est en préparation et sera disponible rapidement !

La réappropriation du passé politique douloureux

Le seul fait de savoir que d’autres personnes ou communautés politiques ont un souvenir ou une

interprétation d’un événement pouvant être radicalement différents des nôtres, devrait nous pousser à nous interroger sur cette « mémoire collective » qui façonne notre perception de l’histoire. Et dans le cas d’un passé traumatique, il faudrait même sans doute effectuer un certain travail sur soi, pour ne pas céder à la tentation de l’oubli/déni ou de la commémoration perpétuelle. Dans cet article ancré dans la tradition française,Nadim Farhat propose une lecture de la notion de « travail de mémoire » de Paul Ricœur, pour en faire un outil en vue d’éviter les effets pervers d’un passé trop lourd à porter.

Téléchargez l’article